16 octobre 2026

Actualité

Venue du Ministre en Gironde : Monsieur Geffray, nous voulons des mesures maintenant !

Venue du Ministre en Gironde : Monsieur Geffray, nous voulons des mesures (…)

Ce jeudi 15 octobre le Ministre de l’Éducation a gratifié la Gironde d’une visite – presque – surprise. Loin d’être dupes de cet exercice de communication, le SNES et la FSU ont été à l’initiative d’une demande d’audience de l’intersyndicale représentative en CSA Académique avec le cabinet du ministre, durant laquelle les organisations syndicales ont appuyé les revendications de la jeunesse et porté l’urgence d’annonces à la hauteur des attentes de toute la communauté éducative.

Audience des organisations représentatives au CSA A auprès de Monsieur Bonasso, conseiller du ministre

Les organisations FSU, UNSA-Education, FNEC FP FO et CDFT ERFP ont été reçues par M. Xavier Pestel, DASEN de Gironde, et Monsieur Jean-François Bonasso, conseiller du ministre en charge de l’école inclusive, de la santé, du sport et de l’engagement. Le SNES a ouvert cette audience, plus courte que prévue, en rappelant les conditions de la rentrée 2026 dans l’académie : été caniculaire et incendies, suppression de 134 ETP dans le second degré public, disparition de postes d’AED durant l’été ; désorganisation volontaire du système scolaire par les suppressions d’emploi et une réforme Blanquer à bout de souffle débouchant aujourd’hui sur un vaste mouvement de la jeunesse qui a diffusé partout dans l’académie, en zones urbaines comme rurales. Elle a vivement interpelé le conseiller du ministre sur le tort causé à l’ensemble des personnels par les annonces d’Edouard Geffray sur les « 3000 remplaçantes » [lire notre article], laissant à nouveau entendre que les personnels d’enseignement et d’éducation mais aussi les administratifs ne seraient pas au travail.

La secrétaire de la formation spécialisée départementale de Gironde a enchaîné en rappelant la dégradation généralisée des conditions de travail des personnels, visible au travers des fiches SST et des alertes, qui conduit à des situations mettant en danger la santé physique et mentale. Elle a insisté sur les violences envers les personnels, en augmentation, et l’urgence à anticiper les vagues de chaleur par les protocoles mais surtout par la rénovation du bâti, puis a réclamé, au nom de la FSU, les moyens nécessaires à la prise en charge de toutes les élèves.

Le SNES-FSU a souligné la nécessité de renforcer les équipes médico-sociales du Rectorat pour permettre leur mobilisation rapide en cas de crise dans les établissements le demandant, et a appelé le Ministre à débloquer une enveloppe exceptionnelle pour les établissements ayant subi des dégradations pour supporter la Région (amputée de 300 millions d’euros de subventions cette année).

Les quatre organisations syndicales présentes ont rappelé conjointement leur solidarité avec le mouvement lycéen, porteur des mêmes revendications : plus de moyens en personnels pour des classes moins chargées, des équipes pluridisciplinaires complètes, des absences remplacées, des moyens financiers à la hauteur des enjeux de la rénovation urgente du bâti scolaire, l’abrogation de la réforme Blanquer et de ses conséquences (Parcoursup, pressions à la note, emplois du temps gruyères…). Elles ont dénoncé une riposte policière disproportionnée et le manque de réponses politiques qui mène à une crispation et des tensions dont les personnels, sur le terrain, sont les premières victimes, ainsi que la communication lamentable du 1er ministre et du ministre de l’Education Nationale, qui font douter de la capacité de ce gouvernement à répondre aux attentes de la communauté scolaire.

La réponse de monsieur Bonasso n’a pas dérogé à la communication laconique du ministère. Après avoir condamné les violences (sans répondre aux remarques que des lycées avaient été maintenus ouverts contre tout bon sens) il a affirmé que Monsieur le ministre entendait les « remarques » des lycéennes et que des réponses étaient « en réflexion ».

Après 3 semaines de mobilisations violemment réprimée, il est temps que le ministère se mette à réfléchir ! Les déjà 90 000 contributions sur la plateforme du gouvernement répètent et entérinent ce que les lycéennes s’époumonent à nous dire chaque jour dans la rue et dans les lycées !

Devant l’insistance du SNES-FSU, le conseiller a confirmé que les réponses devaient aller au-delà de l’éducation nationale, traduisez : « Bercy devra mettre la main à la poche ». Le SNES-FSU a conclu cette audience en appelant solennellement le Ministre à fournir les moyens nécessaires à un fonctionnement normal du service public d’éducation, et à plaider pour un budget le permettant.


Visite dans les lycées : des réponses toujours insuffisantes du ministre

Monsieur le ministre s’est rendu le matin au lycée des Iris pour échanger avec des personnels impactées par le saccage jeudi 08/10 de la section d’enseignement professionnel, dont des enseignantes de la SEP. Une visite tenue secrète par un ministère aux abois, secret de polichinelle puisqu’il a fallu la présence d’une vingtaine de camions de CRS pour éviter que tout élément revendicatif puisse interpeller Monsieur le Ministre sur l’inconséquence de sa politique. On peut s’étonner de l’absence parmi les personnels invités, de représentantes syndicaux ou d’élues au CA, parmi lesquels des enseignantes de la section professionnelle du lycée. Auraient-ils dérangé Monsieur le Ministre dans son exercice de communication ? Les personnels ont besoin d’un soutien des institutions qui se traduise par des actes, pas d’un ministre en pèlerinage sur les cendres de leur lycée.

Et comment affirmer que les revendications des élèves aient été prises en compte quand aucune n’était présente ? S’il voulait entendre ce qu’avaient à dire les élèves de Lormont, une centaine d’entre elles et eux, étaient venues manifester calmement aux abords du lycée, et ont été simplement ignorées par les services du ministère. La démocratie prend parfois des chemins impénétrables…

La visite au lycée des Graves a elle, au moins permis aux personnels et aux élèves de s’exprimer. Les points soulevés par les personnels rejoignent, sans surprise, les revendications lycéennes : besoin de mettre à plat la réforme Blanquer et Parcoursup, état des locaux, classes et programmes trop chargés… Les élèves ont pu rappeler leurs revendications mais aussi parler librement de la répression policière dont ils et elles sont victimes et témoins depuis 3 semaines. Les réponses ministérielles sont encore restées bien loin de l’urgence : quelques aménagements Parcoursup éventuels et surtout pas de réforme.

Une conclusion s’impose : s’il se dit à l’écoute, Edouard Geffray refuse d’apporter des solutions politiques à une crise profonde partie des lycées, mais qui touche en réalité tout le second degré. Les mesures sont urgentes, elles sont finançables pour un gouvernement qui en aurait le courage. Le SNES-FSU rappelle que les choix budgétaires effectués sont des choix politiques, et dénonce la cure d’austérité imposée à l’éducation nationale depuis de trop nombreuses années. Monsieur le ministre, monsieur le premier ministre, l’éducation est une dépense essentielle pour une démocratie saine, ayez le courage d’offrir un avenir à notre jeunesse !