Cette année encore l’affectation de nos collègues TZR et CDI n’aura pas été un long fleuve tranquille. Si le secrétaire général du Rectorat se dit satisfait de « 92 % de BMP couverts à la rentrée », pour le SNES-FSU le constat est bien plus nuancé.
Moins de BMP, plus de titulaires
La mission des TZR, titulaires d’une zone de remplacement, est d’abord d’assurer le remplacement de collègues sur poste fixe en arrêt plus ou moins long, c’est-à-dire d’assurer des suppléances. Mais les choix politiques ont mené à augmenter le nombre de BMP, « bloc de moyens provisoires », donc de postes ou de morceaux de postes non-pourvus dès la rentrée. Les TZR peuvent alors être positionnées sur ces BMP pour un poste à l’année.
Il en va de même des collègues contractuelles recrutées en CDI (après, rappelons-le, 6 ans de CDD et de galères pour l’éducation nationale) qui vont être affectées en même temps que les TZR et en fonction des besoins identifiés.
Après l’inefficacité de la politique de « mise en réserve » des TZR imposée il y a 2 ans, le Rectorat a fait le choix de revenir depuis deux rentrées à une affectation au fil de l’eau, et d’augmenter, dans certaines disciplines, le nombre de TZR. Choix contraint cette année par la suppression de nombreux postes fixes, notamment en Dordogne, au nom de la diminution des effectifs. Le nombre de collègues entrant dans l’académie au mouvement inter-académique étant stable, mécaniquement la DPE a dû créer des postes de TZR pour les collègues néo-entrantes.
Parallèlement, l’application à marche forcée par le ministère de la réforme des concours a également réduit le nombre de BMP en augmentant le nombre de stagiaires, conséquence prévisible sur laquelle le SNES-FSU alertait en vain le ministre depuis janvier. La possibilité de passer le concours niveau M2, L3 ou les deux dans certaines disciplines a faussé les estimations du ministère, un nombre non-négligeable de candidates se trouvant lauréates du concours L3 en ayant déjà un master, donc nommées stagiaires et non élève-fonctionnaire. L’académie de Bordeaux a ainsi accueilli près d’1/4 de stagiaires en plus, principalement en mi-temps devant les élèves, soit autant de BMP transformés en supports stagiaires.
Le Rectorat peut donc se satisfaire d’avoir couvert 92 % des BMP quelques jours après la rentrée, pour le SNES-FSU, qui défend les personnels : le compte n’y est pas pour les remplaçantes qui ne sont pas numériquement plus ou mieux affectées que l’an dernier !
Il n’y est pas non plus pour les établissements : l’enquête de rentrée du SNES-FSU montre qu’il manquait au moins une enseignante dans 60 % des établissements le 1er septembre...
Si la réorientation (provisoire) de la diminution du recours à la contractualisation est une bonne chose, cela se fait encore au détriment des personnels en CDD, visiblement négligeables pour l’administration.
Des affectations très tardives
En plus de ne pouvoir réellement se satisfaire numériquement de la campagne d’affectation de cet été, que dire du qualitatif ? Le ministère n’a pas été capable de dimensionner raisonnablement le nombre de stagiaires mi-temps et temps plein à accueillir à la rentrée 2026. Ajoutez à cela une campagne DHG très floue et l’administration n’a eu une vision stabilisée des BMP à couvrir qu’à la mi-juillet.
La conséquence est pour toutes. Les collègues remplaçantes, qui ont vu leurs affectations arriver bien plus tardivement, les empêchant de fait de participer à l’élaboration des services ou d’exprimer des vœux d’emploi du temps. Les collègues administratifs à la DPE qui ont dû assurer l’affectation de plus de 1000 collègues en un temps restreint. L’ensemble des personnels dans les établissements dont la pré-rentrée a pu être percutée par cette somme d’incertitudes. Et bien entendu les nombreuxses collègues en CDD qui se retrouvent sans perspective d’emploi et sans accompagnement.
La section académique du SNES-FSU a assuré une permanence pour les collègues stagiaires, TZR et contractuelles jusqu’au 31 juillet, permanence exceptionnellement rouverte au 21 août, qui a permis d’informer les collègues et d’intervenir auprès de la DPE.
Malgré ce travail estival et les efforts faits par l’administration nous continuons de constater des situations étranges voir ubuesques (néo-CDD nommée dans un établissement où une TZR sans affectation est RADée, remplaçante non-affectée alors qu’un besoin existe dans la zone…). Avant la loi de transformation de la fonction publique de 2017, les commissaires paritaires des organisations syndicales pouvaient intervenir sur les affectations des remplaçantes, s’assurant que les lignes de gestions académiques et ministérielles étaient bien respectées et permettant d’affiner la campagne d’affectation et de satisfaire plus de collègues.
Le SNES-FSU le rappelle régulièrement à l’administration, il est temps de réinstaurer du paritarisme dans les campagnes de mobilité et d’affectation ! Il continuera à porter cette revendication pour l’amélioration des conditions d’emploi de toutes et tous.
Les camarades permanencieres informent, accompagnent et défendent les collègues, syndiquées ou non, tout au long de l’année. Vous pouvez nous joindre : 05 57 81 62 40 les après-midis de 14h à 17h ou par mail permanence@bordeaux.snes.edu
