IMPORTANT :
Les données de cet article sont provisoires. En effet elles sont basées sur les situations de carrière des collègues communiquées par le rectorat au 01/09/2025, alors que la situation prise en compte pour l’accès à la classe exceptionnelle est celle au 31/08/2026. Des collègues pourront donc avoir changé d’échelon entre ces deux dates. Les statistiques définitives seront connues en janvier 2027.
Informations générales.
Cette année le rectorat a publié fin juin les résultats des promotions, uniquement dans l’intranet et non plus directement sur le site internet public du rectorat.
Pour l’accès à ce grade il n’y a aucun barème ni critère objectif, et les textes stipulent que les avis ne sont pas contestables. Un pouvoir discrétionnaire est ainsi laissé aux évaluateurs et évaluatrices primaires, particulièrement aux IPR. L’opacité est totale. L’administration exigeant 2 avis « Très Favorable » pour une éventuelle promotion, le plus souvent c’est un avis seulement « Favorable » de l’IPR qui bloque.
Les Lignes Directrices de Gestion (LDG) ministérielles précisent que le recteur doit veiller aux deux équilibres Femme/Homme et Supérieur/second degré, et que le premier critère de départage des collègues ayant le double avis « Très Favorable » est l’ancienneté de corps (date depuis laquelle l’agent est certifiée, agrégée…).
Les LDG académiques reprennent les LDG ministérielles mais y ajoutent la notion d’équilibre disciplinaire. De plus l’administration procède à l’équilibre Femme/Homme par discipline, et non pas globalement. Tout cela permet aux IPR de continuer à filtrer les promotions. Ainsi l’année dernière on a vu chez les agrégées en SVT la promotion d’une collègue qui n’était agrégée que depuis 2 ans (accès au corps des agrégées par liste d’aptitude en 2023, à la hors-classe en 2024 et donc à la classe exceptionnelle en 2025), et cette année on a par exemple en histoire-géographie 3 promotions de collègues devenues récemment agrégées par liste d’aptitude. Dans le même temps des collègues ayant le double avis « Très Favorable » et ayant passé le concours il y a 25 ou 30 ans, ne sont pas promues. Le SNES-FSU est intervenu au ministère en amont de la campagne 2026 pour demander que le rectorat de Bordeaux respecte les LDG ministérielle (pas d’équilibre disciplinaire, pas d’équilibre femme/homme par discipline mais équilibre femme/homme toutes disciplines confondues, harmonisation des pratiques des IPR en amont puis départage des collègues ayant le double avis TF à l’ancienneté de corps). Malgré l’accord de la DGRH, qui a demandé le respect scrupuleux des LDG ministérielles, et malgré une nouvelle intervention du SNES-FSU en juin auprès du nouveau secrétaire général du rectorat, rien n’a pour le moment changé dans notre académie.
Le SNES-FSU invite les collègues non promues proches de la retraite et ayant atteint l’indice terminal de la hors classe à se rapprocher des IPR pour exiger des explications.
Statistiques pour les certifiées
Il y a eu cette année 285 promotions dans notre académie pour environ 3000 promouvables dont 400 qui le sont devenues en cours d’année. Le tableau suivant donne la répartition des promotions par discipline effectuée par le rectorat.
On voit qu’il y a enfin des promotions en allemand. Depuis 2 ans le SNES-FSU n’a cessé de dénoncer l’absence de promotion dans cette discipline, en comparaison avec les autres langues vivantes à effectifs faibles.
Les diagrammes circulaires ci-dessous donnent quelques statistiques, sur la base des échelons détenus au 01/09/2025. Les statistiques définitives seront données par le rectorat en janvier prochain et pourront-être différentes car des collègues auront changé d’échelon entre cette date et le 31/08/2026.
On note cette année encore une augmentation des promotions au 5e échelon : 102 sur 285 contre 75 sur 263 l’an dernier, et 42 sur 269 en 2024. L’année dernière trois collègues promues n’étaient même encore qu’au 4e échelon de la hors classe au premier septembre. Cette année ils/elles sont 19 ! La méritocratie gagne du terrain et les IPR promeuvent sans sourciller de plus en plus de collègues fraîchement à la hors-classe, au détriment des collègues au 7e échelon.
Cette augmentation du nombre de promotions de collègues éloignées de la fin de la hors classe, entraîne une dégradation sensible puisque les 7e échelon ne représentent plus ces deux dernières années que 37-38% des promues, contre 48 % il y a deux ans, lors de la première campagne de la nouvelle classe exceptionnelle, caractérisée par la disparition des viviers. Pour le SNES-FSU le taux de promotion des 7e échelon demeure insuffisant et de nombreuses collègues vont partir à la retraite sans la revalorisation sensible de leur pension qu’aurait permis une promotion. Rappelons en effet que pour les certifiées il y a une différence de 151 points d’indice entre le dernier échelon de la classe exceptionnelle et le dernier échelon de la hors classe, soit un gain salarial de 743 euros bruts mensuels, et que lorsqu’on est au 7e échelon de la hors classe depuis 3 ans on atteint en 2 ans l’indice terminal de la classe exceptionnelle. Il n’est donc nullement nécessaire d’accéder « jeune » à la classe exceptionnelle pour en tirer bénéfice pour la pension.
Il n’est pas inutile de rappeler également qu’en promouvant les collègues seulement au 5e échelon l’administration réalise de substantielles économies comme l’illustre le tableau suivant :
Concernant l’égalité Femme/Homme, les femmes représentent environ 61% des promouvables et 65,6% des promues. Dans le détail :
- 7e : 108 promues, 39H et 69F
- 6e : 75 promues, 25H et 50F
- 5e : 102 promues, 34H et 68F
Le tableau ci-dessous donne quelques statistiques par discipline. Les collègues des disciplines ne figurant pas dans le tableau pourront nous contacter par courriel.
On peut noter que pour les disciplines à effectifs importants – pour les disciplines à faibles effectifs (langues rares….) les statistiques ne sont pas significatives - les taux de promotion varient environ de 10 à 12%.
En SES le taux de promotion repart à la baisse après une année normale. Le taux de promotion en mathématique est très faible. On peut également noter que la documentation continue de bénéficier d’un taux de promotion très élevé.
Cette année encore la liste complémentaire ne comporte que des documentalistes. En cumulé lors des 3 dernières campagnes il y a eu 15 documentalistes sur 16 places en liste complémentaire ! Pourquoi autant de documentalistes sur cette liste alors que le taux de promotion dans cette discipline est déjà de 16 % ? Il est possible que les IPR de documentation aient été moins avares que celles et ceux des autres disciplines pour attribuer les avis « Très Favorable », et qu’en conséquence c’est dans cette discipline que l’administration trouve des collègues ayant le double avis « Très Favorable » et une grande ancienneté de corps, pour dresser cette liste complémentaire.
Pour le SNES-FSU de telles inégalités de traitement sont injustifiables. Nous continuons de revendiquer un accès à la classe exceptionnelle pour toutes les collègues.
* 19 promotions pour des collègues qui étaient seulement au 4e échelon de la hors classe au 01/09/2025 : anglais 5, espagnol 1, HG 3, lettres classiques 2, lettres modernes 2, mathématiques 3, physique 2, et technologie 1.
Statistiques pour les CPE
16 promotions : 7 au 7e échelon, 8 au 6e échelon et 1 au 5e .
143 promouvables dont 23 au 7e échelon.
Taux de promotion de 11,2 %
Statistiques pour les Psy-EN
9 promotions : 2 pour des collègues qui n’étaient qu’au 4e échelon de la hors-classe au 01/09/2025, 2 au 5e échelon, 4 au 6e échelon et seulement une promotion au 7e échelon.
70 promouvables dont 5 au 7e échelon.
Taux de promotion de 12,9 %
Statistiques pour les agrégées
Comme expliqué pour les certifiées, les données ci-dessous sur les échelons sont celles au 01/09/2025, donc il y aura des différences entre la réalité et nos statistiques. Par exemple au 01/09/2025 il y a 620 promouvables (dont 31 en EPS) dans le fichier de l’administration, mais l’arrêté collectif de promotion mentionne 653 promouvables. Cela signifie qu’entre le 01/09/2025 et le 31/08/2026, 33 agrégées sont passées du 3e au 4e échelon de la hors classe, devenant ainsi promouvables.
Il y avait dans notre académie 589 agrégées – hors EPS - au 4e échelon de la Hors Classe au 01/09/2025. Il y a eu 101 promotions (plus 5 en EPS) dont 3 (2 en mathématiques et 1 en espagnol) pour des collègues qui au 01/09/2025 n’étaient encore qu’au 3e échelon de la hors-classe. Les promotions de « méritantes » semblent donc toujours être d’actualité, au détriment des collègues ayant atteint la fin de la hors classe. Nous ne disposons pas des informations permettant de connaître la répartition des promouvables selon les chevrons HEA-1, HEA-2 et HEA-3 du 4e échelon. Il n’est donc pas possible de savoir dans quelle mesure le rectorat a promu, ou pas, préférentiellement les collègues les plus avancées dans la carrière.
Concernant l’égalité Femme/Homme, l’arrêté publié par le rectorat indique que les femmes représentent 47,6 % des promouvables mais 52,8 % des promues .
Ce même arrêté n’indique pas le poids du supérieur dans les promotions ni dans les promouvables. Cependant si on se base sur les données au 01/09/2025 il y avait 52 promouvables (dont 6 EPS) dans l’enseignement supérieur, et il y a eu 9 promues (aucun en EPS).
Quelques données par disciplines, pour les agrégées de notre académie, avec rappel des campagnes 2024 et 2025 (à chaque fois pour les données au 01/09) :
L’étude des promotions chez les agrégées en 2024, dernière année où les promotions se sont faites au ministère, avait montré que dans toutes les disciplines les anciennetés de corps du/de la derniere promue dans notre académie remontaient à la période 1993 et 1996. Depuis 2 ans c’est le rectorat de Bordeaux qui procède aux promotions. L’année dernière nous avions constaté que l’ancienneté de corps des derniers et dernières promues remontaient souvent à la période 1996-1999, mais également qu’il y avait des promotions de collègues agrégées depuis seulement quelques années. Les résultats 2026 confirment la main mise par les IPR sur les promotions. En ajustant le nombre d’avis Très Favorable attribué, les IPR parviennent à contourner l’obstacle de l’ancienneté de corps et à obtenir la promotion de leurs élues. On a donc toujours des promotions de collègues devenues récemment agrégées par liste d’aptitude (la palme revenant aux IPR d’histoire-géographie, comme illustré plus haut), ou encore devenues agrégées par concours interne il y a 10 ou 15 ans, tandis que d’autres collègues ayant passé le concours il y a 30 ans continuent à être bloquées en fin de hors-classe.
Le SNES-FSU de l’académie de Bordeaux revendique la promotion prioritaire des collègues ayant atteint l’indice terminal de la hors-classe et proches de la retraite, et continue de défendre les droits à la carrière des collègues dans les différentes instances. Adhérer au SNES
Le SNES-FSU porte le mandat d’une progression continue dans la carrière pour toutes, non limitée, et la suppression de la notion de mérite dans l’avancement. Les collègues ne doivent plus être bloquées à la hors-classe !
