18 juin 2026

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Canicule : coup de chaud sur nos conditions de travail - Acte II

Canicule : coup de chaud sur nos conditions de travail - Acte II

Le territoire métropolitain subit son deuxième épisode de chaleur de l’année 2026. La mobilisation à tous les échelons a permis d’arracher des adaptations, dont la mise en place n’est pas encore satisfaisante.


Lettre d’information académique du 18 juin 2026 - Canicule : quelles mesures dans l’académie ?

Comité Social d’administration académique au rectorat de Bordeaux le 18 juin 2026 - L’interpellation de la FSU et les réponses du Recteur

Alors que la vague de chaleur de mai et la sortie précipitée du plan ministériel aurait dû permettre d’anticiper la fin de l’année, le bricolage ministériel continue, entre impréparation et amateurisme. Lire l’article

Loin des effets d’annonce d’un ministère à la traîne, sur le terrain et notamment dans les collèges, les écoles et les lycées professionnels les collègues continuent de nous alerter sur la montée des températures dans les salles de classes, les gymnases, les cantines… Car si le ministère ne semble voir que par les examens, le SNES-FSU lui n’oublie pas toutes les collègues qui continuent à cuire dans nos établissements ! Lire l’article

La section académique et les sections départementales sont également mobilisées et interviennent en CSA, en Formation Spécialisée (ex-CHSCT) et accompagnent les collègues qui les sollicitent pour appliquer les mesures d’adaptation, y compris la fermeture lorsque c’est nécessaire. C’est aussi la conséquence du bricolage ministériel, et de ce renvoi au local sans cadrage : l’appréciation est clairement laissée aux cheffes d’établissement, qui ne sont ni inspecteurs et inspectrices du travail, ni préventeurs ou préventrices. On constate donc des disparités territoriales fortes dans les mesures mises en place, et qui reposent uniquement sur la prise de responsabilité d’un personnel de direction ou la pression que les collègues auront décidé d’exercer ! La section académique demande un cadrage académique de ces mesures et la création d’un pilotage académique pour la déclinaison départementale du plan de gestion des vagues de chaleur.



Comment agir avec le SNES-FSU ?

Le SNES-FSU alerte depuis plusieurs années le ministère sur la nécessité d’adapter les bâtiments et nos conditions de travail au changement climatique, et exige un grand plan pour le bâti scolaire. La section académique et les sections départementales se font les relais de cette revendication dans les CSA et dans les formations spécialisées (ex-CHSCT) départementaux et académique ainsi qu’en CDEN ou en CAEN où siègent les représentantes des collectivités territoriales responsables des bâtiments.

Dans votre établissement vous pouvez :

  • remplir le registre SST en signalant les températures relevées (préciser jour, heure, salle), des observations sur la santé des personnels ou bien des accès à l’eau ou à l’ombre insuffisants => Lire l’article
  • compléter la carte du SNES-FSU en transmettant depuis votre espace adhérent les températures maximales relevées.
  • dans l’urgence, intervenir auprès de votre cheffe d’établissement pour exiger la mise en œuvre de mesures d’adaptation, y compris des fermetures partielles, par écrit ou en demandant un RDV avec les élues des personnels. N’hésitez pas à contacter votre section départementale du SNES-FSU ou à la mettre en copie de vos échanges mails.
  • en CA et CHSC, exiger des adaptations de l’organisation du travail et un protocole pour anticiper les épisodes de chaleur, exiger un plan d’action pour le bâti scolaire

Lire l’article => Canicule : protéger et agir

Ces remontées sont indispensables au travail du SNES-FSU dans les instances, elles permettent de montrer la réalité des conditions de travail vécues par les collègues et d’appuyer nos revendications auprès de l’administration. C’est aussi un moyen de faire entendre à toutes les citoyennes, via la presse, l’urgence de l’adaptation et de la rénovation de nos établissements !


31° à Bergerac dans un internat, 32° en salle de cours à Tartas, 31° dans un labo à Lormont… les témoignages envoyés ces derniers jours par nos syndiquées sont édifiants. Si ce n’est pas un scoop que nos bâtiments sont peu et mal isolés, en particulier à la chaleur, la précocité de cette vague doit plus que jamais alerter les pouvoirs publics sur l’urgence de mesures pour l’adaptation du bâti scolaire au changement climatique et pour la protection de la santé des personnels et des élèves.

Selon l’institut national de recherche et de sécurité pour la prévention des accidents du travail (INRS), la chaleur constitue un risque au-delà de 30° pour une activité de bureau et de 28° pour une activité physique.

Depuis le décret du 27 mai 2025, les « épisodes de chaleur extrême » concernent à la fois les épisodes « jaune », « orange » ou « rouge ». Dès le déclenchement des vigilances, l’employeur a l’obligation de mettre en oeuvre des mesures de protections appropriées. Et contrairement à un discours récurrent, des mesures adaptées à un établissement scolaire existent ! => Lire l’article

  • Adaptation de l’organisation du travail, des locaux et des horaires de travail : télétravail pour les secrétariats, visio pour les réunions, aménagements des horaires pour les personnels de laboratoire, pauses plus fréquentes pour toutes… Une pièce « de répit » devrait aussi être mise en place dans tous les établissements (pièce fraîche dans laquelle les personnels peuvent venir faire une pause).
  • Mise à disposition d’eau potable fraîche et d’équipements de protection individuelle : fontaines à eau, bouteilles, mais aussi casquettes ou parasol pour les AED de service à la grille d’entrée
  • Moyens de réduction du rayonnement : à court terme, des rideaux, filtres anti-UV mais aussi de la peinture claire sur les toits, les murs des bâtiments ou la cour permettent de diminuer la chaleur emmagasinée.
  • Information des personnels par tous les moyens, en particulier les personnels vulnérables : mails, annonces, affiches… sur les bons gestes, les risques mais aussi leurs droits.

L’administration doit évaluer les risques à l’échelle de l’établissement et mettre en place les mesures de protection adéquates !

Si aucune modalité d’aménagement ne permet l’accueil des élèves et des personnels en toute sécurité, l’établissement peut être fermé.


Changement climatique et bâti : le déni jusqu’à quand ?

Le réchauffement climatique est marqué en Europe, qui se réchauffe plus vite que les autres régions du monde d’après le dernier rapport Copernicus. En France, le parc immobilier public et en particulier les établissements scolaires qui en représentent le 1/3 est un poste important de consommation d’énergie et d’émission de GES. La feuille de route de la transition écologique prévoit pour l’immobilier public des mesures d’atténuation, pour rendre les bâtiments moins consommateurs d’énergie, et des mesures d’adaptation, entre autre pour « garantir la continuité des services publics » et « protéger les agents et les usagers ».

Si cette feuille de route est appliquée, le moins que l’on puisse dire est que l’Ecole en est la grande oubliée ! Au-delà de l’affichage politique il est urgent de penser et planifier sérieusement l’adaptation du bâti scolaire aux enjeux du changement climatique. C’est une nécessité écologique, mais aussi une question de protection des personnels et de santé publique !

Le SNES-FSU exige grand plan pour le bâti scolaire. Finançable à hauteur de 4 à 5 milliards d’euros par an (soit 2% des aides publiques aux grandes entreprises en 2023) pendant 10 ans, il doit permettre des mesures d’urgences et des rénovations énergétiques des établissements.=> Lire l’article