Le Rectorat de Bordeaux s’était engagé cette année à affecter une majorité de collègues remplaçantes TZR ou CDI avant les congés d’été, engageant les moyens humains nécessaires à la DPE. C’était sans compter sur l’aveuglement ministériel concernant les conséquences sur les BMP de sa réforme des concours menée au pas de charge et sans écouter les alertes du SNES-FSU…
Cela n’aura échappé à personne, les affectations des remplaçantes tardent à arriver, et les BMP et berceaux stagiaires ne sont toujours pas stabilisés dans les établissements, complexifiant un peu plus les conseils d’enseignement et CA de fin d’année, privant TZR et non-titulaires de la possibilité de faire des vœux d’emploi du temps ou de participer à la répartition dans les équipes. Les organisations syndicales, à force de mobilisation dans les instances, les audiences et par la grève, avaient pourtant obtenu un engagement du Rectorat à mettre les moyens nécessaires en DPE pour affecter rapidement une majorité de remplaçante fin juin.
Le manque d’anticipation du ministère aura dynamité ce travail de long cours. La mise en place à marche forcée de la réforme du concours par le ministère a privé les Rectorat de visibilité sur le nombre de stagiaires à accueillir. En effet, pour la session 2026 coexiste un double concours, accessible en L3 (menant en théorie vers un statut d’élèves fonctionnaires) et en M2 (l’ancien nouveau concours existant depuis 2021). Le SNES-FSU a alerté très tôt le ministère sur le risque que ce concours L3 soit privilégié par les candidates déjà titulaire d’un M1 ou d’un M2. Le ministère, dans le déni jusqu’au printemps, n’a réalisé que tardivement la validité de cette prédiction.
Le ministère s’est vu incapable de dimensionner les effectifs de stagiaires mi-temps et temps plein arrivant par discipline dans chaque académie. Le résultat est une immense cacophonie sur l’attribution des berceaux et des BMP, mais aussi sur les places en Master et DU dans les INSPE. A Bordeaux, le Rectorat a ainsi dû passer d’un dimensionnement d’environ 300 stagiaires en 2025/2026 au double pour 2026/2027.
Le mouvement en a été le premier affecté, consigne étant passée aux Rectorats de prévoir une marge importante dans les prévisions stagiaires, entraînant des gels sur de possibles postes ouverts au mouvement. Second impact : les affectations des TZR et CDI sur les BMP. Les descentes ministérielles du nombre exact de stagiaires accueillies dans chaque académie ont commencé seulement le 30 juin (voir le calendrier) , retardant d’autant la stabilisation des berceaux, des BMP et donc l’affectation des collègues. La DPE n’aura de vision claire des postes qu’à partir du 13 juillet, cela signifie que la majorité des affectations ne seront connues qu’après la fermeture administrative des établissements ! De même des désaffectations seront inévitables...
La dernière conséquence et non des moindres est l’emploi des CDD. Plus de postes couverts par des stagiaires cela signifie moins de besoins en contractuelles. Si le SNES-FSU dénonce depuis plusieurs années le recours immodéré à la contractualisation des enseignantes, CPE et PsyEN, qui affaiblit le statut et gèle le mouvement, il ne peut se satisfaire de ce qui s’apparente à un plan social où les premiers concernées sont aussi les derniers informées. C’est une maltraitance de plus de nos collègues au statut précaire.
Toutes ces conséquences auraient dû être anticipée par un ministère plus occupé à faire de la communication qu’à se soucier du bon fonctionnement du service public qu’il dirige. Au-delà des personnels en établissement, cela signifie aussi des conditions de travail à nouveau dégradées pour les collègues employées en DPE.
Le SNES-FSU a dénoncé cette nouvelle preuve de l’imprévision ministérielle. La section académique ne laisse pas tomber les collègues TZR et non-titulaires et assurera exceptionnellement une permanence téléphonique pour ces catégories jusqu’au 24 juillet.
