20 mars 2026

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Lycée Maine de Biran, Bergerac : une mobilisation sans précédent.

La forte mobilisation des personnels d’éducation du lycée Maine de Biran de Bergerac de février 2026 montre, s’il en était besoin, que l’action syndicale collective se fait d’abord sur le terrain, au contact des collègues, à leur écoute dans l’exercice de leurs métiers, de leurs conditions de travail dont la dégradation est de plus en plus perceptible au quotidien. L’annonce brutale d’une baisse de la Dotation Globale Horaire (DGH) notifiée pour la rentrée 2026 entraînant la suppression de cinq postes d’enseignant et huit compléments de services, a eu, dans en premier temps, l’effet d’un coup de massue.


Pourtant, rapidement, les collègues en colère relèvent la tête. Réunies en Heure d’Information Syndicale dès le 5 février, les personnels se mobilisent et votent à l’unanimité une grève reconductible dès la rentrée des vacances d’hiver afin de s’opposer fermement au manque de moyens qui impose des choix impossibles et des arbitrages entre discipline qui vont à l’encontre des besoins et des intérêts réels de toute la communauté éducative. La cohésion des équipes a été exemplaire lors de cette mobilisation.


L’annonce d’une DHG catastrophique

La DSDEN de Dordogne justifie une telle amputation horaire et la perte de cinq classes par la baisse de nos effectifs prévisionnels et par les redoutables effets de seuil. Mais un constat s’impose : notre dotation est amputée de plus de 120 heures sans que la baisse démographique suffise à expliquer une telle dégradation puisque les effectifs retenus par les services académiques pour la préparation de la rentrée prévoient une baisse globale d’une trentaine d’élèves.
L’ensemble des collègues et des personnels d’éducation, AED, AESH comprend vite les conséquences néfastes de cette saignée. Un gouvernement réellement soucieux de la jeunesse et de l’ambition scolaire ne devrait-il pas saisir l’opportunité d’une déprise démographique pour réduire les effectifs par classe et améliorer les conditions d’enseignement, de travail et d’apprentissage ? Au contraire, le Ministère de l’Éducation Nationale choisit d’instrumentaliser cette baisse pour réaliser des économies budgétaires brutales au détriment du service public d’éducation.


Grâce à la mobilisation, des situations humaines prises en compte

Construite dans l’unité syndicale des organisations présentes au sein de l’établissement, la mobilisation portée par l’Assemblée Générale des personnels d’éducation réunie tous les jours durant la grève, a cherché à valoriser le rassemblement et l’action collective, à créer les conditions d’un rapport de force le plus favorable possible. Les parents d’élèves, les élues, la presse locale sont alertés, une pétition en ligne est lancée afin d’obtenir le soutien le plus large possible. Des rassemblements avec distributions de tracts afin d’informer la population de Bergerac, sont organisés devant le lycée et en ville durant une semaine. Une délégation intersyndicale (SNES-FSU, SNFOLC, SNALC) est reçue en audience par la DASEN le 25 février avec la présence de nombreux et nombreuses collègues en soutien.
La mobilisation sans précédent des personnels et des élèves, marquée par trois jours de grève massive ayant réuni plus de 70% des collègues et culminant à 85 % de grévistes le lundi 23 février, a conduit la DSDEN à un abondement immédiat de huit heures-postes. Si ce geste permet de sauver in extremis un poste de Lettres, il reste dérisoire face à l’ampleur des besoins. La collègue concernée se voit d’ailleurs contrainte d’effectuer un complément de service dans un autre établissement, illustrant la précarité croissante des équipes. S’est ajoutée à ces 8h la transformation de quelques HSA en heures postes, faisant légérement diminuer le taux de HSA. Malgré ces améliorations gagnées par la lutte collective, cinq suppressions de postes demeurent effectives, dont une sollicitée par un collègue pour échapper à un service partagé ingérable, tandis que deux compléments de service sont subis par les personnels.


Des conditions de travail dégradées à la rentrée

A l’heure actuelle, cette pénurie de moyens engendre une dégradation majeure des conditions d’enseignement. Avec des effectifs atteignant 35 élèves en première et terminale générales, la pédagogie devient impossible. La perte des dédoublements dans des disciplines telles que le Français en seconde, les langues vivantes à tous les niveaux, la philosophie en terminale technologique et dans les autres disciplines compromet les apprentissages et l’accompagnement des élèves les plus fragiles. La suppression de l’Accompagnement Personnalisé en français et en mathématiques, la diminution des heures d’accompagnement à l’orientation, privent les élèves des outils nécessaires à leur réussite.
Pour les enseignantes, cette situation se traduit par une augmentation mécanique du nombre de classes à charge, alourdissant considérablement le travail de correction, de suivi individuel et de rédaction des bulletins. Cette surcharge empêche de fait le suivi de chaque élève, dégradant tant le climat scolaire que la santé au travail des personnels.
Dans ce contexte, la Direction de l’établissement se retrouve contrainte à une gestion de la pénurie, tentant de répartir une dotation indigente et largement insuffisante.
Cette répartition des moyens (TRMD) a été rejetée par le CA, ne pouvant pas répondre aux besoins réels d’enseignement et ne permettant pas de proposer une organisation pédagogique satisfaisante.


Rester mobilisées, maintenir la cohésion

Protestant contre cette gestion comptable du renoncement à un service public d’éducation de qualité, les enseignantes et l’ensemble des personnels du Lycée Maine de Biran de Bergerac unis et combatifs restent mobilisés afin de rétablir les dédoublements et l’accompagnement personnalisé, de plafonner les effectifs à des seuils pédagogiques acceptables et de garantir une rentrée digne pour l’ensemble de la communauté éducative. La DSDEN engagée à être attentive en fin d’année scolaire, au moment des ajustements, évoquant la possibilité d’abonder des moyens pour des dédoublements. Les personnels veilleront au respect de ces engagements.

Le mouvement de grève et les revendications portées par l’Assemblée Générale des personnels du lycée ont été soutenus par la mobilisation des familles et des élèves : la pétition lancée par les enseignantes a ainsi déjà recueilli plus de 2000 signatures.

La section SNES-FSU du Lycée Maine de Biran