Le Conseil Académique de la Formation Continue s’est tenu lundi 2 mars 2026.
La formation continue est essentielle dans nos métiers. Le SNES-FSU la défend et s’efforce de faire entendre la voix des personnels dans les instances qui abordent cette question, notamment, une fois par an, le CAFC. La section académique remercie toutes celles et ceux qui prennent le temps de faire part de leurs attentes sur la formation.
La FSU y a fait une déclaration liminaire que vous pouvez lireici.
Réponse du Recteur à la déclaration liminaire de la FSU
Le Recteur a dit son accord sur le fait que la formation continue doit être un axe essentiel de la politique éducative, ancrée dans les pratiques professionnelles et adossée à la recherche car les fonctions d’éducateurices que nous occupons nécessitent que nous soyons au fait de la connaissance académique. Elle ne doit pas laisser de côté des sujets comme l’égalité professionnelle ou la lutte contre les discriminations. La difficulté de l’école est qu’on lui demande la prise en charge de toutes les difficultés qui traversent la société ce qui déclenche des formations en nombre et des difficultés à prioriser.
Sur la question des webinaires ou autres modalités de formation à distance, il admet qu’il faille des garde-fous tout en affirmant que ce serait être en décalage de se priver de ces modes de formation dans un monde qui évolue.
Manque de lisibilité du plan académique de formation
Le SNES-FSU s’est une nouvelle fois fait l’écho que l’offre de formation académique, arrivant par trop de canaux différents et toujours sous format numérique, n’était pas lisible pour les collègues qui souhaiteraient pour beaucoup disposer d’un document papier permettant de visualiser les actions proposées. L’EAFC se justifie en expliquant que les 1500 modules proposés ne permettent pas la diffusion d’un support papier, d’autant plus qu’il est impossible de les planifier. Pire, sur le site de l’EAFC lui-même, les 1500 modules ne sont pas affichés, il faut se tenir informée via les lettres de l’EAFC diffusées au fil de l’année.
Puisque l’on s’abonne désormais à un contenu de formation qui nous intéresse et qu’il faut suffisamment de volontaires pour que celle-ci se déclenche et soit programmée, sa date ne peut être fixée à l’avance et certaines n’ont même jamais lieu. C’est donc entre trois et cinq semaines à l’avance qu’on est informé de la date et de la localisation.
Présentation par l’EAFC de quelques actions de formation
La formation « Laïcité et valeurs de la république » en est à sa cinquième année de mise en œuvre et accuse beaucoup de retard dans le second degré avec 52,2% de personnels formés actuellement. L’EAFC fait le constat d’un taux d’absentéisme important le mercredi, à hauteur de 44%.
Avec les contraintes ministérielles de moins positionner les formations pendant le temps de service, l’EAFC a demandé aux directions d’établissement de procéder aux inscriptions en fonction des emplois du temps des collègues. En conséquence, certaines cheffes effectuent ces inscriptions tardivement ce qui entraine l’impossibilité de s’organiser pour les personnels. Les services de l’EAFC ne parviennent pas à gérer les demandes de modifications de dates.
Des organisations syndicales proposaient que ces formations soient organisées en confondant l’ensemble des personnels, y compris les personnels administratifs. Le SNES-FSU a souligné les spécificités de chaque métier -et parfois des disciplines - dans la confrontation aux questions soulevées par la laïcité et la défense des valeurs de la république et réfuté l’idée que mélanger tous les personnels avec des formations par établissement serait « enrichissant ». Le SNES-FSU a également signalé que selon les stagiaires et les formateurices, les niveaux de satisfaction étaient très différents.
A la suite de cette intervention, le Recteur a pointé la nécessité d’analyser les spécificités et les contenus de cette formation pour la suite de son déploiement, se disant partagé entre l’organisation par corps et fonction et l’organisation par bassin géographique. Tous les établissements ou secteurs de même que tous métiers ou toutes les disciplines d’enseignement ne sont pas confrontés à ces problématiques de la même façon. Il a demandé à l’EAFC de revoir la façon d’aborder la formation laïcité en recherchant un ancrage plus fort dans l’exercice des métiers.
Parcours de formation pour les néo-contractuelles
L’EAFC a ensuite présenté le parcours de formation pour les néo-contractuelles, déployé pour les documentalistes et les CPE depuis 2017 et sur 29 disciplines depuis la rentrée 2023.
Ce parcours hybride, comportant de la formation en présentiel et à distance, propose des contenus disciplinaires et transversaux. Il accompagne des personnels sur trois ans. La cohorte de la rentrée 2023 avait pu bénéficier d’un séminaire de 8 jours au mois de juillet, pour des disciplines en tension. Le suivi de celle-ci révèle que 38% des personnels formés étaient encore enseignantes à la rentrée 2025. Certaines ont obtenu un concours et sont devenues titulaires, d’autres ont quitté l’Education Nationale.
Les personnels non-titulaires sont éligibles, au même titre que les autres, à l’ensemble de l’offre de formation proposée par l’EAFC.
Le SNES-FSU a souligné l’importance d’une formation en présentiel préalable à la prise de fonction et a regretté que le séminaire de 2023 n’ait pas pu être renouvelé depuis.
La formation des AESH
Concernant la formation des AESH, l’académie de Bordeaux accuse un net déficit par rapport aux attendus réglementaires.
Les nouvelles AESH doivent statutairement bénéficier de 10 jours de formation, soit 60h. Or, en moyenne, elles bénéficient seulement de 3,3 jours, soit 20h de formation. L’EAFC se justifie en avançant que la durée totale de formation est bien dispensée mais pas dans le délai statutaire de deux ans et qu’une partie, qui se déroule sous la forme d’un magister n’est pas comptabilisée car le Rectorat n’a pas les moyens de savoir s’il a été achevé. Les AESH recrutées au fil de l’eau peuvent bénéficier de rattrapage des sessions déjà passées et, de façon générale, l’académie souhaite ouvrir les stages aux AESH de façon large et le conseiller technique inclusion a affirme qu’il appuie systématiquement les demandes des AESH pour participer aux Formations Collectives d’Initiative Locale.
Il y a donc une volonté forte de s’assurer désormais que les 60h soient bien délivrées dans les deux ans tout en affirmant que la quantité ne doit pas primer sur la qualité et que la formation est ajustée en fonction des retours.
Le SNES-FSU a rappelé les attentes des AESH de pouvoir bénéficier de formations diplomantes ou a minima certifiantes, comme la PSC1 puisque leurs conditions d’emploi et de rémunération les conduisent souvent à chercher un travail qui leur permette de vivre plus dignement. Alors que le Rectorat avait pris bonne note de cette suggestion lors du CAF 2025, selon le conseiller technique, les formations certifiantes ne relèvent pas de sa compétence et même une attestation des services que telle ou telle formation a été suivie n’est pas envisageable. Il souligne toutefois que pour une AESH, le DU neurosciences a été financé. Il ne faut donc pas hésiter à le demander.
1ers secours en santé mentale
L’EAFC a aussi abordé les actions de formation sur les 1ers secours en santé mentale. Pour les 1ers secours en santé mentale, il s’agit de savoir repérer les signaux faibles. Le plan prévoit de former 2 personnels par établissement, une CPE et une professeure, qui seront des personnes repères en santé mentale. La cible est 800 personnes formées en juin 26 et 1600 en 2029.
La FSU a fait valoir que les assises de la santé scolaire mentionnaient une formation pour les psychologues mais qu’aucune formation dans le domaine n’a été proposée à ces personnels depuis le début de l’année. C’est d’autant plus problématique que de nombreux postes sont occupés par des contractuelles. La réponse de l’administration s’est limitée à la présence de PsyEn parmi les formateurices.
La FSU a aussi souligné le manque de suivi et d’accompagnement des élèves une fois que leurs problèmes ont été repérés. Certaines restent en attente des mois, voire des années, pour un rendez-vous ou une prise en charge dans une structure spécialisée. L’administration a mis en avant le travail effectué avec les préfectures et l’ARS mais admet partager les inquiétudes sur ce point.
Le SNES a évoqué la durée excessive du parcours asynchrone de la formation Phare à réaliser sur le temps personnel. L’administration répond qu’elle n’a pas de marge de manœuvre académique car il s’agit du parcours élaboré par la DGESCO. Elle affirme sa volonté de laisser trois semaines aux personnels pour consulter cette partie distancielle afin de ne pas avoir à dépasser une heure de travail hebdomadaire sur cette formation et insiste sur le fait que l’essentiel est la présence des personnels à la formation.
Vous pouvez prendre connaissance ici du bilan 2024-2025 et des axes du plan académique de la formation pour 2025-2029 présentés lors du Comité Social d’Administration Académique du mois d’octobre.
