15 janvier 2026

Catégorie - Carrière - Mutation

Classe Exceptionnelle - Bilan des promotions 2025

Classe Exceptionnelle - Bilan des promotions 2025

L’administration a présenté le bilan des promotions 2025 à la classe exceptionnelle. La structure de chaque corps après les promotions 2025 est donnée dans le tableau suivant.



En 2025, pour la première fois, c’est le rectorat et non plus le ministère, qui a procédé aux promotions des agrégées.
La campagne 2024 avait vue la mise en place des nouvelles règles :

  • disparition des viviers ;
  • disparition de l’avis recteur (donc disparition de l’avis Excellent) ;
  • gradation des avis des évaluateurs primaires en trois niveaux (Très favorable – Favorable – Défavorable) ;
  • disparition du contingent de promotions et mise en place d’un ratio promues/promouvables.


    Les ratios promues/promouvables ont été fixés par décret pour les campagnes 2024, 2025 et 2026 : 13,5% pour les agrégées, 9% pour les certifiées et les PLP, 10,5% pour les PEPS et les CPE, et 7,5% pour les Psy-EN.



Le SNES-FSU continue à dénoncer l’opacité de ce système et à revendiquer des taux de promotion équitables et la mise en place d’un barème transparent permettant la promotion de toutes et tous à ce grade afin de le faire valoir pour la pension.


Les promues avaient toutes et tous un double avis Très Favorable. Pour départager les collègues ayant ces 2 avis Très Favorable, le ministère a prévu une série de critères successifs : l’ancienneté de corps, puis l’ancienneté dans la hors classe, puis l’échelon (sauf pour les agrégées, qui sont toutes et tous au 4e échelon), et enfin l’ancienneté dans l’échelon. En outre l’administration est tenue de respecter les deux contraintes imposées par le MEN : respect de la parité et promotion des enseignantes du supérieur au prorata de leur poids parmi les promouvables.


Le problème de l’équilibre disciplinaire.
En 2024 le SNES-FSU avait fait, pour la catégorie certifiées, une analyse par discipline et constaté dans toutes les disciplines un taux de promotion entre 9,5 % et 11-11,5 % , sauf en allemand (0 promotion pour 20 promouvables dont 6 au 7e échelon ! Dans le même temps il y a eu des promotions en italien, chinois, occitan, russe, basque, qui sont des disciplines avec des effectifs plus faibles qu’en allemand). Dans certaines disciplines, les taux de promotion sont bien en deça des taux constatés, comme en SES (taux de promotion de 3,8 % ) et en arts plastiques (taux de promotion de 2%). Le SNES avait alors dénoncé les pratiques des IPR de ces enseignements. L’administration avait reconnu qu’il y avait effectivement un problème d’équité et indiqué qu’elle allait se rapprocher des IPR. Le résultat n’est pas satisfaisant. Ainsi en 2025 il n’y a à nouveau aucune promotion en allemand, alors qu’il y a à nouveau une promotion en basque et en italien. Rapportés aux nombres d’enseignantes dans ces disciplines, ces résultats sont totalement inégalitaires.


Les LDG – Lignes Directrices de Gestion – ministérielles n’évoquent pas d’équilibre disciplinaire et mettent l’ancienneté de corps comme premier critère de départage à avis égaux. L’analyse des promotions montre que le rectorat fait le choix de procéder à un équilibre disciplinaire et de réaliser l’équilibre Femme / Homme au sein même de chaque discipline. Le SNES-FSU constate que cela engendre des dérives, l’ajustement du nombre d’avis Très Favorable attribués par les IPR et de leur répartition par genre permettant en fait de choisir les promues en contournant le critère d’ancienneté. Par exemple on observe la promotion d’une collègue devenue agrégée par liste d’aptitude il y a seulement deux ans alors que des collègues agrégées depuis plus de 25 ans et ayant le double avis Très Favorable ne sont pas promues. Pour le SNES-FSU la logique voudrait que les corps d’inspection harmonisent leurs critères d’attribution des avis Très Favorable de telle sorte qu’il n’y ait pas de déséquilibres entre disciplines, et ensuite il faudrait laisser jouer l’ancienneté.
Le SNES-FSU a demandé à avoir communication pour chaque discipline du nombre de collègues ayant le double avis Très Favorable et pas encore promues. Cette donnée permettrait de mettre en évidence les inégalités de traitement entre disciplines, et d’éventuellement contraindre l’administration à corriger le tir pour la campagne 2026.



Taux de promotion :

Le SNES-FSU estime qu’il faudrait des taux de l’ordre de 30 % pour permettre l’accès de toutes et tous à ce grade.

NB : le poids des femmes parmi les promues est plus élevé de 3 à 6 points que celui parmi les promouvables (ex : les femmes certifiées représentent 62,8 % de cette catégorie mais 66,2 % des promues) sauf pour les Psy-EN. L’administration affirme rattraper ainsi certains retards de carrière, et justifie la situation particulière des Psy-EN par la faiblesse de l’effectif de ce corps, ce qui fait qu’une promotion en plus ou en moins modifie de façon très importante les pourcentages.

Les avis :

Le SNES-FSU revendique la levée de tous les avis Défavorable, qui n’ont aucun sens pour des enseignantes à la hors classe.

Promotions en fonction des échelons :

Le SNES-FSU a demandé un focus sur les collègues au 7e échelon depuis au moins 3 ans, qui sont pour lui la cible prioritaire. En effet pour ces collègues la promotion devient urgente afin d’en tirer bénéfice pour la pension. De plus pour ces collègues la promotion s’accompagne d’une revalorisation conséquente et immédiate (passage de l’indice 826 à l’indice 895), tandis que pour les autres collègues au 7e échelon le gain est seulement de 9 points d’indice.

Le SNES-FSU dénonce la promotion des collègues au 5e échelon, qui prive de fait les plus anciens d’une revalorisation de leur pension. Trop de collègues partent en retraite sans la classe exceptionnelle.

Profil des promues :

Ex-vivier 1, enseignantes du supérieur :

Le MEN avait demandé une attention particulière pour les promouvables ex-vivier 1 : 44,2% des 283 ex-vivier 1, soit 125 ex-vivier 1 tous corps confondus (PSY-EN, CPE, certifiées, agrégées), ont eu un double avis TF. Sur ces 125 promouvables, 35 ont été promues (28% des 125 promouvables avec double avis TF ont été promues). Au final les 283 collègues ex-vivier 1 ont un taux de promotion de 12,4% , contre 10,2% globalement (384 promotions pour 3763 promouvables pour les PSY-EN, CPE, certifié.es, agrégé.es). En 2024 les ex-vivier 1 avaient eu un taux de promotion de 22,1% , contre 10,2% globalement.

En 2024 le SNES-FSU avait relevé une fois de plus pour la catégorie agrégée une sur-représentation chez les promues des enseignantes du supérieur (6,8% des promouvables et 11,2% des promues). L’administration s’était engagée à ce qu’en 2025 l’enseignement supérieur ait un nombre de promotion strictement au prorata de son poids chez les promouvables. Le résultat est le suivant :
agrégées : le supérieur représente 7,4% des promouvables et 8,2% des promues ;
certifiées : le supérieur représente 0,45% des promouvables et 0,76% des promues.