Le nombre de titulaires sur zone de remplacement sera à peu près stable à la rentrée 2018. Avec 554 TZR (+6), le potentiel de remplacement de l’académie demeure à des niveaux historiquement bas. Dans ces conditions, les moyens réels en remplacement, éternelle variable d’ajustement pour les recteurs, resteront anecdotiques. Déjà à la rentrée 2017, près des 3/4 des TZR (72,2%) étaient affectés à l’année. Ainsi, au 1er septembre il ne restait plus que 156 TZR pour assurer les remplacements de courtes et moyennes durées de plus de 15 000 enseignants en collèges et lycées. Cette pénurie de remplaçants a également des effets sur les conditions d’emplois des TZR car elle conduit le rectorat à « rentabiliser » au maximum leur « rendement » en multipliant les postes à complément de services sur deux ou trois établissements pour surtout « ne perdre aucune heure » (45% des affectations à l’année).
La pénurie de TZR varie considérablement entre les départements et les disciplines. De façon générale, les langues vivantes connaissent des niveaux jamais atteints. Il n’y aura que 15 TZR en Anglais pour toute l’académie à la rentrée (-10) et aucun en Dordogne, Lot-et-Garonne et Pyrénées Atlantiques ; ils seront seulement 11 en Allemand (-2) pour toute l’académie. La situation de l’Espagnol peut paraître moins problématique avec 35 TZR (+14), mais quand on sait que les 3/4 de ces collègues seront affectés à l’année dès le 1er septembre, il ne restera plus que 8 TZR pour le remplacement. Idem pour les mathématiques, avec seulement 35 TZR (+17), et les CPE avec 12 TZR (-2). Années après années, la technologie reste le parent pauvre de l’académie : toujours aucun TZR pour une discipline dans laquelle 41 postes sont pourtant restés vacants après mouvement...
Le rectorat a bien essayé de renforcer le potentiel des départements les plus mal dotés mais le manque de titulaires qui ont pu entrer dans notre académie au mouvement inter-académique a largement entamé cette volonté. Les entrants ont été affectés prioritairement sur les postes fixes et les entrées en ZR très limitées. Le rectorat a dû d’ailleurs prendre la décision de fermer certaines ZR pour éviter ou limiter le nombre de postes vacants après mouvement dans certaines disciplines. Le résultat n’est donc pas brillant. La Dordogne n’aura que 5 TZR de plus (66) et le Lot-et-Garonne en gagne 8 (67). En même temps, les Landes rejoignent ces deux départements avec un potentiel de 71 TZR (-3). Le recours massif à la précarité par l’emploi de contractuels va donc se pérenniser.
C’est dans ce contexte que le recteur a demandé à ses services de rattacher administrativement le plus possible de TZR en collège pour favoriser la mise en place du dispositif « devoirs faits ». Les TZR en attente de remplacement seront donc mobilisés en priorité. Le recteur s’appuie sur le décret remplacement de 1999 qui prévoit qu’en attente de remplacement, les personnels enseignants peuvent être chargés, dans la limite de leurs obligations de services statutaires, d’assurer des activités de nature pédagogiques dans leur établissement de rattachement. La volonté d’économiser des heures supplémentaires en faisant peser « devoirs faits » sur les TZR peut sembler dérisoire quand on sait qu’au final, la quasi-totalité des TZR seront en remplacement peu après la rentrée. Elle montre à nouveau le peu de considération des autorités rectorales pour les TZR. Néanmoins, il faudra se défendre en exigeant des principaux de collèges un emploi du temps avec une liste d’élèves identifiés ainsi qu’un accès informatique permettant le relevé des absences. Ces exigences n’ont pour but que de permettre aux TZR de pouvoir effectuer réglementairement leurs services car, comme tous les enseignants, ils doivent avoir un emploi du temps hebdomadaire dont la seule responsabilité relève du chef d’établissement. Car il ne faut jamais oublier qu’avoir un emploi du temps constitue une garantie pour l’imputabilité au service d’un accident dans le cadre du service.

Pierre DELBOURG